PORT-AU-PRINCE : FHF enrichie, Grenadiers éliminés. La Fédération Haïtienne de Football transforme le rêve des Grenadiers en tiroir-caisse en revendu les Billets FIFA de 60 $ à $ 350 USD. Le business de la honte!

L’élimination précoce de la sélection nationale masculine de la Coupe du Monde 2026 n’était que le premier acte d’un drame bien plus sombre. Alors que le peuple haïtien panse encore les plaies d’un rêve brisé sur le terrain, les coulisses de la Fédération Haïtienne de Football (FHF) s’embrasent. Entre soupçons de corruption systémique et conflits d’intérêts flagrants, l’instance suprême du football national est aujourd’hui au cœur d’un scandale retentissant qui transforme la déception sportive en indignation publique.
Le scandale des 350 dollars : Le marché noir institutionnalisé
La rumeur courait, les faits confirment désormais l’infamie. Des billets d’accès aux matchs, officiellement réservés par la FIFA pour la famille du football haïtien et les supporteurs, ont été détournés pour alimenter un réseau de revente parallèle. Prix unitaire du sésame sous le manteau : 350 dollars américains. Un montant indécent, une insulte directe à la ferveur d’un peuple qui s’est saigné pour soutenir son équipe.
« C’est un coup de poignard dans le dos », fulmine un cadre technique de la fédération, écœuré par la situation. « Pendant que nos joueurs transpiraient sur la pelouse sous la menace d’une élimination, certains dans les bureaux comptaient les billets verts. On a transformé le bicolore national en vulgaire marchandise de contrebande. »
La FHF en mode « Agence de voyages familiale »
L’indignation vire à la révolte lorsque les regards se tournent vers la présidence du comité de normalisation de la FHF. La dirigeante est directement accusée de favoritisme et de népotisme crasse : c’est sa propre agence de voyages privée qui détient le monopole exclusif de l’achat des billets d’avion pour les déplacements des Grenadiers.
Face à la tempête, un proche du dossier tente de minimiser, sous couvert d’anonymat : « Il fallait faire vite pour les réservations, l’agence de la présidente avait la logistique nécessaire. C’était pour aider. »
Une ligne de défense qui ne tient pas la route une seconde pour les observateurs juridiques et financiers.
« « Aider » ? À quel prix et avec quelles commissions ? », rétorque un juriste du sport haïtien. « On nage en plein conflit d’intérêts. On ne peut pas être l’ordonnatrice des dépenses de la fédération et la bénéficiaire commerciale des contrats. La FHF n’est pas une épicerie de quartier, c’est un bien public ! »
Après les dérives de l’ère Yves Jean-Bart, la FIFA avait imposé un comité de normalisation pour assainir les finances et les mœurs du football national. Le constat est aujourd’hui d’une amertume absolue : les visages ont changé, mais les pratiques prédatrices demeurent.
« On ne peut pas être à la fois le juge qui valide les dépenses publiques et la partie qui encaisse les chèques », confie Jerry Dieudonné un observateur et un amoureux du football haitien à travers son compte Facebook.
L’exigence de comptes
Après le traumatisme de l’ère Yves Jean-Bart, la FHF avait promis une refondation, une ère de transparence et de reconstruction morale. Ces nouvelles révélations viennent briser ce miroir aux alouettes. Alors que les Grenadiers devront regarder le reste du mondial à la télévision, le public et les acteurs du football haïtien exigent aujourd’hui des réponses claires, des audits indépendants et, si nécessaire, des démissions.
Le football haïtien ne pourra pas renaître de ses cendres tant que ses dirigeants utiliseront le bicolore national comme une simple opportunité d’affaires. L’heure des comptes a sonné.

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