Alors que le calendrier électoral pointe vers les échéances cruciales du 30 août et du 6 décembre 2026, une question hante l’esprit de chaque citoyen : la démocratie peut-elle s’exprimer sous les balles ? Entre les promesses de stabilisation et la réalité brutale du terrain, l’équation haïtienne n’a jamais été aussi complexe.

Le processus est officiellement lancé. Depuis le 2 mars 2026, la phase d’inscription des organisations politiques a débuté. L’objectif est clair : installer un président élu le 7 février 2027. Cependant, ce chronogramme, soutenu par la communauté internationale et le Conseil Présidentiel de Transition, se heurte à une géographie de la peur. Avec près de 90 % de la capitale encore sous l’influence de coalitions armées comme “Viv Ansanm”, la logistique électorale, de la distribution des cartes d’identification à l’installation des bureaux de vote relève du défi logistique et sécuritaire majeur.
L’Ombre des Gangsters sur l’Urne
La recrudescence de la violence, marquée encore hier par une attaque sanglante dans l’Artibonite, rappelle que le contrôle territorial est le véritable arbitre du scrutin. Comment garantir l’accès aux centres de vote dans les zones de non-droit ?
L’Intimidation des Électeurs : Dans de nombreux quartiers, le droit de vote risque d’être subordonné à l’aval des chefs de gangs.
La Fragilité des Gains Sécuritaires : Malgré les efforts de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et le déploiement progressif de la nouvelle Force de Répression des Gangs (FRG), les avancées restent réversibles.

Déploiement de forces internationales
Le déploiement complet de la force multinationale, attendu d’ici l’été 2026. Avec un effectif prévu de 5 550 soldats et policiers, cette mission a pour mandat de sécuriser les axes stratégiques et les infrastructures électorales. L’ONU, via le BINUH, insiste sur le fait que la fenêtre de tir est étroite mais réelle. Le succès dépendra de la capacité de cette force à briser les réseaux financiers des gangs avant le premier tour d’août.

Réussir les élections de 2026 n’est pas seulement une question technique ; c’est un impératif de survie pour l’État de droit. Si le feu des gangs ne s’éteint pas, le pays risque de basculer dans un vide institutionnel permanent. Pour Radio Télé Lune, le constat est sans appel : la sécurité ne sera pas le résultat des élections, elle doit en être le préalable absolu.
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